Vous êtes ici : Accueil YogaNet.fr > Blog Yoga > Mahabharata et Bhagavad-Gîtâ
 
Mahabharata et Bhagavad-Gîtâ 12/09/2009

Voilà longtemps que j'ai envie de parler de la Bhagavad-Gîtâ … et que je ne le fais pas. Quel morceau, il faut le dire… Alors, je m'y mets… mais sans prétention

Je ne suis ni sanskritiste, ni spécialiste. J'enseigne le yoga et je tâche de le mettre en pratique, du mieux que je peux. Et c'est en cela que la Bhagavad-Gîtâ m'est d'une grande utilité. Ce petit ouvrage est celui que je transporte le plus avec moi. Les versions non commentées ne prennent pas beaucoup de place. J'en ai presque toujours une dans mon sac.

La  Bhagavad-Gîtâ est un texte clé pour tous ceux qui s'intéressent au yoga et qui veulent approfondir la philosophie qui le sous-tend. Et plus largement, il est un texte à aborder pour qui a une recherche spirituelle, quels que soient ses horizons. Car la Bhagavad-Gîtâ est universelle.

J'aimerais aborder les messages essentiels de la Bhagavad-Gîtâ, ou du moins ceux qui m'ont le plus touchée. Mais pour cela, il m'est indispensable de d'abord présenter la Gîtâ dans son contexte...

La Bhagavad-Gîta



Le Kurukshetra, le champ de bataille, où se tient la  Bhagavad-Gîtâ


La Bhagavad-Gîtâ est un poème sacré, qui se traduit littéralement par «Chant du Seigneur».

Krishna y instruit le prince Arjuna sur le but de la vie et le cheminement vers la libération. Elle se présente sous la forme d'un dialogue et est constituée de 18 chapitres et 700 vers.

La Bhagavad-Gîtâ est en fait un extrait d'une œuvre bien plus gigantesque: le  Mahâ-Bhârata. Le Mahâ-Bhârata est considéré comme le plus grand poème épique existant… La Bhagavad-Gîtâ s'insère dans le Livre VI du Mahâ-Bhârata.

La rédaction du Mahâ-Bhârata est attribuée à Vyâsa, un sage légendaire. Sa datation n'est pas précise, puisque que l'on pense que le Mahâ-Bhârata a été écrit entre le 5e siècle avant J.-C. et le 2e siècle après J.C.

Si on ne peut séparer la Bhagavad-Gîtâ de son contexte, elle constitue néanmoins une œuvre à part entière et qui peut être lue indépendamment. C'est un texte clé de l'hindouisme qui, à ce titre, est parfois nommé le «Cinquième Veda». Mais, au-delà de son origine indienne, la Bhagavad-Gîtâ constitue une source de sagesse universelle et parfaitement intemporelle.

Le Mahâ-Bhârata, contexte de la Gîtâ

L'immense poème épique que constitue le Mahâ-Bhârata est composé de 250'000 vers. Il narre la guerre entre deux familles royales les Pândava et les Kaurava.

A la fin du Dvapara Yuga, l'âge de bronze, le Dharma - la Loi Universelle transmise par les Veda, et par extension, le devoir de chacun - est en perte de vitesse, au profit de l'Adharma - le non respect du Dharma, l'injustice, le péché, le chaos -.

Les luttes des Pândava et des Kaurava symbolisent la guerre entre:
  • les forces du Dharma, avec les  Pândava
  • et de l'Adharma, avec les Kaurava.

A la mort du roi Pāndu, patriarche des Pândava, son frère aveugle Dhritarâshtra, père des cent Kaurava, assume le pouvoir. Le roi défunt, Pāndu, a laissé cinq fils, les Pândava, dont l'aîné, Yudhisthira, est l'héritier du trône. Arjuna («le blanc», «le pur») est le 3e fils Pândava. Expert dans l'art de la guerre et excellent archer, il est empli de bravoure.

Duryodhana, l'aîné des Kaurava fait plusieurs tentatives pour évincer Yudhisthira, ainsi que ses frères. Suite à cela, Dhritarâshtra leur cède la moitié du royaume.

Les Pândava fondent alors la ville d'Indraprastha où ils vivent avec leur épouse commune, Draupadi. Douze ans plus tard, Yudhisthira devrait accéder à la royauté.


Les Pandavas

Mais Duryodhana, qui veut prendre sa place, s'y refuse et le défie au jeu de dés. Yudhisthira - joueur dans l'âme - va perdre tous ses biens : son royaume, ses frères, Draupadi, et même sa propre personne! Les Pândava partent alors en exil dans la forêt, pour 12 ans. La 13e année, ils réclament leur royaume. Les tentatives de négociations échouent : la guerre se prépare…

Le Mahâ-Bhârata, source de sagesse

Afin de rendre plus concret le contexte de la Bhagavad-Gîtâ, voici un extrait du Mahâ-Bhârata. Cet extrait se place lors du départ en forêt des Pândava, cinq frères héros du Mahâ-Bhârata et leur épouse commune.

Yudhishthira, l'aîné des Pândava est pris de remord: c'est parce qu'il s'était laissé entraîné dans un jeu de dés et qu'il avait tout perdu, y compris sa liberté et celle des siens, que tous étaient contraints de partir vivre douze ans dans la forêt. Les larmes lui vinrent.

C'est alors que Saunaka, un sage Brahman, expert en Samkhya yoga, le consola:

« Chaque jour frappent la douleur et la crainte,
Elles ne frappent que l'ignorant, jamais le sage,
Jamais un être comme toi, doté des huit qualités.

La maladie, l'effort, la cupidité, et le contact avec les objets producteurs de peine,
Telles sont les causes de la souffrance.
Les drogues soignent les maladies, et le yoga réfrène la cupidité,
Les mots doux et les doux objets font le reste.

Comme se dissipe la chaleur d'une tige d'acier en fusion plongée dans l'eau,
L'esprit agité s'identifie au corps.
Tout comme l'eau éteint le feu, la connaissance apaise l'esprit.
L'esprit en paix, le corps se détend aussi.

L'ignorance est la racine !
Car l'ignorance engendre l'amour des choses mondaines.
De l'ignorance naît la peur.
De même qu'un petit feu à l'intérieur d'un tronc d'arbre,
En se déplaçant, va consumer les racines,
L'envie, aussi minime soit-elle, se développe, et ronge le dharma.

Celui qui fuit n'est pas celui qui renonce,
Celui qui renonce demeure dans le monde, gardant une vision claire.
N'attends rien des amis ni de la richesse,
N'attends rien même de toi.
La connaissance est le grand extincteur.
La connaissance est une feuille de lotus, vierge de vase.

La convoitise est terriblement assoiffée,
C'est un ver dans le cœur.
De même qu'une bûche en feu se consume,
La convoitise consume l'âme.

De même que la vie redoute la mort,
La richesse redoute le roi, le voleur l'eau, le feu et les parents ;
De même que la nourriture partout est dévorée :
Dans l'air par les oiseaux,
Par les animaux sur la terre, par les poissons dans l'eau,
La richesse est dévorée par le destin.

Tout comme la phalène, attirée par la lumière, tombe dans la flamme,
L'homme, mû par la convoitise, tombe dans la tentation.
Et il tourne telle une roue tournant éternellement,
Vagabondant d'une vie à l'autre,
S'ignorant lui-même,
Se cherchant aujourd'hui en Brahman,
Demain dans un brin d'herbe,
Tantôt dans l'eau, tantôt sur le sol, tantôt dans l'air ».

Ce texte est une jolie introduction à la Bhagavad-Gîtâ: déjà on y trouve une sagesse de la Gîtâ:

    Le vrai renoncement, c'est vivre dans le monde, tout en étant hors du monde.

L'homme sage remplit ses devoirs familiaux, sociaux et autres tâches quotidiennes, du mieux qu'il le peut. Sa vision des choses le fait relativiser les attraits et les douleurs du monde. Ainsi, il lui est possible de trouver l'état de contentement - la détente physique, psychique et spirituelle - en toute situation…

Bibliographie et sources:
Recherches personnelles et web:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mahabharata
http://www.gita-society.com/language/french.htm

Poème: Le Mahabharata de Vyasa, Éditons Helios, 1990
Photo: http://vijnana.wordpress.com/2007/06/30/mahabharata-in-british-theatre/



Michèle  Lefèvre
Commentaires : 0|
Le 19 Novembre 2017

<<Septembre 2009>>

DLMMJVS
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
Commentaires :
09/11/17 par Michel
23/10/17 par Samuel
18/10/17 par Jacques
18/10/17 par Jacques
18/10/17 par Jacques
18/10/17 par Jacques
18/10/17 par Jacques
10/09/17 par bruno
08/09/17 par Isa
Non inscrit ?


Un sujet ?
Catégorie :
Médecines douces alternatives